Élodie Deshouillères

Consultante Recrutement | RH Partners Toulouse

Elodie Deshouillères

Consultante en recrutement depuis 14 ans, Élodie n’était pourtant pas destinée à ce métier. À l’origine attirée par la psychologie, elle s’oriente vers le recrutement suite à un souhait de reconversion, en débutant dans un cabinet spécialisé dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Ce qui la passionne dans son métier ?
L’adrénaline des premiers échanges commerciaux, la satisfaction de convaincre un client qui a un réel besoin, puis le rôle plus fin, et essentiel, de conseil et de traduction du besoin. Comprendre une organisation, un contexte, un métier, puis partir « à la chasse » ou « à la pêche » de profils, parfois en sortant du cadre, en testant de nouvelles approches, en trouvant des astuces pour se démarquer.

Mais la véritable cerise sur le gâteau reste, selon elle, le match : celui où le client et le candidat ont envie, autant l’un que l’autre, de travailler ensemble. « Quand chacun est ravi de se lancer dans l’aventure, c’est très chouette. »

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Qui ne tente rien n’a rien. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont devenus un véritable “Place to be” pour les entreprises comme pour les candidats.

Interviewer : Pourquoi les réseaux sociaux sont-ils devenus essentiels pour le recrutement aujourd’hui ?

Élodie Deshouillères :

Les réseaux sociaux ont profondément changé le rapport de force.
Aujourd’hui, les candidats choisissent aussi leur entreprise. Ils se renseignent, observent, comparent, cherchent à comprendre avant même de postuler.

 

Les réseaux permettent une prise de contact plus immédiate, plus directe, moins formelle. Ils facilitent la rencontre, l’échange, parfois bien en amont d’un besoin réel. Cela enlève certaines barrières et humanise la relation.

 

Dans un contexte où les profils sont très sollicités, ils deviennent aussi un levier de différenciation indispensable pour capter l’attention et susciter l’envie.

Interviewer : Qu’est-ce que ces plateformes permettent de faire que les approches traditionnelles ne permettaient pas forcément ?

Élodie Deshouillères :

Elles offrent la possibilité de faire connaissance avant de recruter.
On n’est plus uniquement dans une logique de CV et d’annonce, mais dans une relation plus progressive, plus incarnée, qui laisse de la place à l’échange et à la projection.

Interviewer : On entend parfois dire que des candidats utilisent même des applications comme des sites de rencontre ou d’autres espaces sociaux non conçus pour le travail tels que Tinder, Bumble et Facebook Dating pour créer des contacts professionnels. Penses-tu que ces approches ont du sens dans le recrutement moderne ?

Élodie Deshouillères :

Dans un marché tendu, tout peut être intéressant… à condition de rester pertinent.
Oui, tous les canaux peuvent être explorés, mais il existe un vrai risque de tomber dans l’opportunisme ou d’adopter une posture contre-productive.

La clé reste la justesse de l’approche : comprendre où l’on se trouve, à qui l’on s’adresse, et comment entrer en relation sans brouiller les codes.

 

En tout cas, cela montre qu’ils sont ouverts, mobiles, curieux, et qu’ils ne cloisonnent plus forcément leur vie professionnelle et leurs usages numériques. Ils attendent des échanges plus humains, plus spontanés, moins figés.

Interviewer : À ton avis, est-il utile pour une entreprise d’être présent sur tous les réseaux sociaux ou vaut-il mieux choisir quelques plateformes pertinentes ?

Élodie Deshouillères :

Non, clairement pas.
La priorité, c’est la pertinence. Être présent sur les réseaux demande du temps, de l’énergie, des compétences : c’est un vrai métier.

 

Mieux vaut faire peu, mais bien, plutôt que de se disperser. Toutes les plateformes ne sont pas adaptées à toutes les cibles, ni à tous les métiers. Il faut avant tout se poser la question :
« Où est ma cible ? »

 

Tester, mesurer, analyser le ROI, et ajuster ensuite sa stratégie.

Interviewer : Comment les réseaux sociaux changent-ils le rôle des recruteurs et des professionnels RH au quotidien ?

Élodie Deshouillères :

C’est un nouveau challenge qui demande de changer de posture.
Là où, historiquement, c’étaient les candidats qui devaient séduire, aujourd’hui ce sont aussi les recruteurs et les entreprises.

 

Cela oblige à se mettre à la place du candidat :
Qu’est-ce qui lui donne envie ? Qu’est-ce qui le fait vibrer ?

 

Les réseaux sociaux ont aussi fait sortir les recruteurs de leur bureau. Ils les poussent à raisonner différemment, à adopter une posture plus ouverte, plus équilibrée, sur un pied d’égalité avec leurs interlocuteurs.

Interviewer : Quelles compétences deviennent essentielles aujourd’hui ?

Élodie Deshouillères :

Pour les candidats, les compétences clés ont évolué. Il ne s’agit plus seulement de répondre à une offre, mais d’adopter une posture active. La curiosité devient essentielle, tout comme la capacité à se débrouiller, à aller chercher l’information par soi-même, à comprendre un environnement, à questionner et à utiliser les nombreux outils désormais à disposition.

 

Côté recruteurs, cela suppose aussi une montée en compétences permanente. Suivre les évolutions du métier, apprendre en continu et rester curieux est indispensable. Mais au-delà des outils, c’est surtout l’intérêt sincère porté aux clients, aux candidats et à leur environnement qui fait la différence. Comprendre les cibles, leurs attentes, leurs codes, et savoir s’y adapter en permanence est aujourd’hui au cœur du rôle du recruteur.

Interviewer : Quelle erreurs les entreprises doivent-elles éviter sur les réseaux sociaux si elles veulent valoriser leur marque employeur ?

Élodie Deshouillères :

La principale erreur serait de soigner uniquement la vitrine, sans que la réalité suive derrière.
La marque employeur a parfois été abordée comme une course au « plus beau », au « plus fort », au « plus attractif ».

 

Mais vendre du rêve qui ne correspond pas à la réalité crée très vite un effet boule de neige négatif, pour l’entreprise comme pour les recruteurs.

 

Mieux vaut être authentique et imparfait que de faire de fausses promesses.
D’autant plus que les avantages financiers ne sont pas toujours le critère principal : les candidats recherchent avant tout de la cohérence et de la sincérité.

Interviewer : Comment, concrètement, un cabinet comme RH Partners aide-t-il ses clients à tirer parti des réseaux sociaux pour attirer des talents ?

Élodie Deshouillères :

RH Partners apporte avant tout un regard extérieur et expert.
Nous aidons nos clients à gagner en visibilité, parfois sur des canaux qu’ils n’exploitaient pas, et à mieux comprendre les attentes réelles des candidats.

 

L’objectif est de valoriser ce qui fait réellement la différence pour une cible donnée, un métier précis, et d’intégrer ces éléments aussi bien dans les offres que dans les échanges.

Interviewer : Peux-tu donner un exemple d’approche ou de méthode qui fonctionne bien ?

Élodie Deshouillères :

Adopter la posture que l’on aimerait avoir en tant que candidat :

  • Être clair sur la raison du contact
  • Ne pas tourner autour du pot
  • Être sincère, simple, non présomptueux
  • Questionner, vérifier si cela peut fonctionner… et accepter que parfois, non

Côté outils, le SMS ou WhatsApp sont de plus en plus utilisés : plus directs que l’email, moins intrusifs qu’un appel, ils permettent d’aller vite tout en restant respectueux.

Interviewer : Quel rôle jouent les salariés actuels dans une stratégie de recrutement sur les réseaux sociaux ?

Élodie Deshouillères :

Ils sont de véritables ambassadeurs, souvent de manière informelle.
Un collaborateur fier de son entreprise touchera des réseaux que les RH ou les dirigeants n’atteignent pas forcément.

 

À l’inverse, un salarié en difficulté peut aussi partager une expérience négative, notamment sur des plateformes comme Glassdoor. D’où l’importance de prendre soin de l’interne.

 

Les dispositifs de cooptation s’appuient de plus en plus sur cette logique de réseau et de confiance.

Interviewer : Un conseil simple donnerais-tu à une équipe RH ou un dirigeant qui hésite encore à intégrer les réseaux sociaux dans leur recrutement ?

Élodie Deshouillères :

Qu’ils ont… dix ans de retard !!
Les réseaux sociaux sont aujourd’hui un outil complémentaire incontournable du recrutement.

 

Il n’y a rien à perdre à essayer, à condition de réfléchir un minimum en amont : choisir la bonne cible, le bon canal, et avancer à son rythme.

 

Car une chose est sûre : les candidats se renseignent. Et l’absence d’une entreprise sur les réseaux peut aujourd’hui être source d’inquiétude.

Et comme on le dit si bien, qui ne tente rien n’a rien !