Chaque jour, en entreprise, des décisions apparemment anodines structurent durablement les pratiques de travail. Choisir un mode de recrutement, maintenir un système d’évaluation, valoriser certaines postures managériales plutôt que d’autres… En Ressources Humaines, beaucoup de choix reposent sur des habitudes, des normes implicites ou des héritages organisationnels rarement questionnés.
C’est dans ce contexte que le processus de déconstruction prend tout son sens. Encore peu nommé dans le vocabulaire RH, il s’impose pourtant comme une démarche essentielle pour analyser les fonctionnements existants, en révéler les biais et les limites, et ouvrir la voie à des pratiques plus justes et plus adaptées aux enjeux actuels.
Parce que derrière chaque règle, chaque outil et chaque discours RH, il y a des impacts humains bien réels. Sans plus attendre, explorons ce que signifie concrètement se déconstruire en milieu RH.

Déconstruire l’évidence : quand les stéréotypes guident encore les décisions

Déconstruire l’évidence : quand les stéréotypes guident encore les décisions

Le processus de déconstruction commence souvent là où l’on pense être objectif. En recrutement ou en gestion des carrières, de nombreuses décisions sont prises au nom du « bon sens » ou de la « cohérence », alors qu’elles reposent en réalité sur des stéréotypes profondément ancrés. Âge, genre, origine, handicap, parcours académique ou professionnel : autant de filtres invisibles qui influencent, inconsciemment, les choix des recruteurs.

Imaginons une entreprise qui affirme rechercher des profils « ouverts » et « adaptables », mais continue de privilégier des parcours linéaires issus des mêmes écoles ou des mêmes secteurs. Sur le papier, la démarche semble rationnelle. Dans les faits, elle limite la diversité des profils et appauvrit le vivier de talents. Déconstruire ces mécanismes, c’est prendre le temps d’analyser les critères réellement pertinents pour le poste, et distinguer les compétences nécessaires des représentations héritées.

Ce travail de déconstruction permet non seulement de promouvoir la diversité et l’inclusion, mais aussi d’améliorer la qualité des recrutements. En remettant en question ce qui semblait aller de soi, les RH élargissent leur regard et renforcent la cohérence entre leurs intentions et leurs pratiques.

Management : séparer l’utile de l’obsolète

Management : séparer l’utile de l’obsolète

La déconstruction ne s’arrête pas aux recruteurs ; elle s’étend aux pratiques managériales, souvent façonnées par des modèles anciens. Hiérarchie forte, culture du contrôle, valorisation de la présence physique : ces éléments sont parfois considérés comme indispensables au bon fonctionnement de l’organisation. Pourtant, leur pertinence mérite d’être interrogée.

La culture du présentéisme en est un exemple emblématique. Longtemps associée à l’engagement et à la performance, elle a été largement remise en question avec le développement du télétravail. Déconstruire cette norme, ce n’est pas nier l’importance du collectif ou du lien social, mais analyser ce qui relève d’une réelle efficacité et performance organisationnelles et ce qui est simplement hérité de pratiques dépassées.

Ce questionnement ouvre la voie à des modes de management plus flexibles, fondés sur la confiance, la responsabilisation et l’autonomie. Il invite les RH à accompagner les managers dans cette transition, en les aidant à revoir leurs repères et à adopter de nouvelles postures, plus en phase avec les attentes actuelles des collaborateurs.

Outils RH et culture d’entreprise : ce que l’on fait sans vraiment le questionner

Outils RH et culture d’entreprise : ce que l’on fait sans vraiment le questionner

Au-delà des comportements individuels, le processus de déconstruction concerne aussi les outils et les processus RH eux-mêmes. Entretiens annuels, systèmes de rémunération, dispositifs de mobilité interne ou indicateurs de performance sont parfois utilisés par habitude, sans que leur utilité réelle soit régulièrement interrogée.

Prenons l’exemple de l’entretien annuel d’évaluation. Dans certaines organisations, il est vécu comme un exercice formel, déconnecté du quotidien et source de stress. Déconstruire ce dispositif consiste à se poser des questions simples mais essentielles : que cherche-t-on réellement à évaluer ? Quels comportements encourage-t-on ? Cet outil sert-il le développement des compétences ou se limite-t-il à une logique de contrôle ?

La déconstruction touche également à la culture organisationnelle. Les entreprises véhiculent des récits implicites sur la performance, l’engagement ou le « collaborateur idéal ». Lorsque ces récits ne sont pas alignés avec les pratiques vécues, ils génèrent incompréhension et désengagement. Mettre ces discours à plat, confronter les valeurs affichées à la réalité du terrain, permet de recréer de la cohérence et de la crédibilité.

Vous l’aurez compris, le processus de déconstruction en Ressources Humaines n’est ni une remise en cause systématique ni un effet de mode. C’est une démarche de recul et de lucidité à mener de façon douce et continue, visant à analyser l’existant pour mieux le faire évoluer. En identifiant les biais, les incohérences et les pratiques obsolètes, les RH se donnent les moyens de reconstruire des systèmes plus justes, plus inclusifs et plus en phase avec les enjeux contemporains.

Les organisations qui osent s’engager dans cette voie ne cherchent pas à tout bouleverser, mais à redonner du sens à leurs pratiques.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas : « Pourquoi déconstruire ? »
Mais plutôt : « Que choisissons-nous de reconstruire, et avec quelles valeurs ? »

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